Dragomiresti, au musée du village
Written by: Estelle Cantala
Photo : Estelle Cantala
Tout proche de Dragomiresti, sur le chemin, plusieurs hommes réparent une vieille clôture. Ils nous hèlent au passage. Une paysanne récolte des haricots secs sur leurs pieds grimpants, au bord du chemin, « le musée est au bout de la voie, à gauche, au centre du village », elle dit. Maria nous y attend.
Maria nous attend, sous le lourd portail de bois sculpté. En haut, un loup est inscrit dans un poisson. On dit bien que les Daces hurlaient comme les loups avant de partir pour une bataille, confie-t-elle. Sur les panneaux latéraux, le coq figure comme emblème du village de Dragomiresti. Maria était en train de ranger l'intérieur de la vieille maison-musée lorsqu'elle nous a vus arriver. Avant de nous faire entrer pour guider sa visite, elle nous conduit vers le hangar extérieur où elle s'installe tranquillement devant le métier à tisser pour une rapide démonstration de la fabrication d'un tapis de laine aux motifs complexes. Puis elle se lève. Commencent alors les histoires, nous sommes entrés dans le vestibule central de la maison.
Ce masque diabolique que nous observons sur le mur, on le revêt pour la scène théâtrale de Noël de même que celui de la chèvre qui « claque du bec », suspendu à-côté et qui l'accompagne toujours sous le son de tambours richement décorés. Au fond de cet étroit passage, on a disposé sur une table les pains « colac » confectionnés sous diverses formes pour chacun des rituels, le « colac » de Noël, celui de Pâques, du baptême, de la noce, celui de la mort.
A gauche du vestibule se trouve la cave, « pivnita », où sont entreposées les réserves de nourriture. On y range aussi les ustensiles, pour travailler le lait, faire la charcuterie, les instruments de ménage. A droite, la pièce à vivre nous dévoile l'organisation ancienne d'un foyer dans le Maramures historique, Maria nous en explique les fondements entre de nombreuses anecdotes locales ainsi que l'histoire en petits morceaux de la maison elle-même.
Maria nous parle comme elle vit, avec son fort accent, ses mots d'ici. Le temps passe vite. Déjà, une carriole à cheval nous attend dehors, contre la clôture de branchages tressés. Un homme accompagné d'un jeune garçon sont installés devant, le fouet à la main. On nous fait monter, Maria nous souhaite bon voyage depuis le sol. En route pour Sacel!










