Promenade parmi les mots du tourisme "autrement"
Written by: Estelle Cantala

Photo : Cristiana Bobarnac
Puisqu'il est naturellement réconfortant de classer ses affaires dans des tiroirs distincts, voici un petit aperçu des termes couramment employés dans le domaine du tourisme, appelons-le « alternatif », à savoir alternatif au tourisme de masse. N'oublions pas toutefois qu'au-delà des concepts se vivent des expériences concrètes, étroitement liées à des êtres humains, leurs imperfections et surtout, leur caractère unique! Ainsi pourra-t-on employer un mot pour décrire une réalité qui serait, selon mon voisin, plus proche d'un autre mot. Et ces termes devenant de plus en plus à la mode, attention aux usurpations. En parler actuel, on les désigne par le joli nom de « greenwashing ». Ceci étant dit, sus à la définition!
Le tourisme responsable semble être la version la plus allégée d'un tourisme « autrement » qui veille à minimiser les impacts de ses activités sur l'environnement naturel et humain des régions visitées. On parle de tourisme durable lorsque les exigences de durabilité écologique, économique et sociale sont prises en compte dans la conception de l'offre touristique.
L'écotourisme propose une expérience en nature, généralement structurée autour d'un projet de préservation de l'environnement. Il se décline du voyage naturaliste au voyage d'étude, dont les guides sont dans certains cas de véritables experts scientifiques. Cet éclectisme autour de la dénomination peut mener à confusion, et même à un emploi abusif du terme pour des séjours qui n'ont rien de responsable.
Cependant, la Société Internationale de l’Ecotourisme (TIES) définit bien l’écotourisme comme “un mode de voyage responsable dans des environnements naturels où les ressources et le bien-être des populations sont préservés ». Il comprend dans ses principes l'éducation à l'environnement auprès des visiteurs comme des locaux, le bien-être et l'enrichissement culturel réciproque, la qualité de l'information, l'implication de la population locale et la répartition des bénéfices financiers en faveur de la conservation du patrimoine.
Le tourisme solidaire pourrait être considéré comme l'ancêtre du tourisme équitable. Les prestataires locaux doivent être rémunérés de manière juste et concertée, bénéficiant de conditions de travail convenables. Le tourisme solidaire ou équitable exige par ailleurs une solide base éthique pour un projet de développement durable. La notion de tourisme équitable ou solidaire est dérivée du commerce équitable (voir article correspondant).
Le tourisme lent propose une expérience en profondeur, qui se veut en même temps exploration discrète et douce envers l'environnement naturel et humain visité, préconisant des moyens de transport peu « agressifs » tels que le train, le vélo, la marche à pied, de vrais échanges avec les habitants rencontrés ainsi qu'une attention particulière portée vers « ce qui se cache au-delà des clichés ». Le tourisme lent met aussi en avant l'exploration de soi-même, par un mode de voyage laissant suffisamment de place à la contemplation et à la créativité.
Le tourisme rural, dont l'agritourisme, repose sur l'expérience directe en milieu rural : loger chez l'habitant ou l'agriculteur et découvrir les produits locaux. Le tourisme rural est particulièrement encouragé comme moyen de désenclaver les régions périphériques. De nombreux réseaux existent qui rassemblent les prestataires autour de chartes d'association comme « Accueil Paysan » en France, de labels plus encadrants tels que le label « Bienvenue à la ferme » ou de regroupements régionaux liés à un projet de développement local tels que le réseau « fermes du Vercors » dans le Parc Naturel Régional du Vercors.
L'ethnotourisme est en quelque sorte l'exception à la règle... : attention à lui! Il s'agit de proposer une découverte, pour le moins limitée et à tendance voyeuriste, des « populations locales », parfois même dominées par une dictature. Ces séjours s'avèrent souvent très lucratifs pour les agences de voyage, intermédiaires bien arrosés d'une prestation pour laquelle les habitants du lieu ne voient pas de grand bénéfice demeurer sur place, une fois les visiteurs partis, leurs photographies dans le sac.
La contractualisation est un moyen comme un autre d'éviter les abus, reste que l'engagement de cœur et de conscience constitue la meilleure assurance de qualité de la part de ces hommes et de ces femmes qui font vivre le tourisme équitable, qui prônent le respect d'autrui, la découverte et l'épanouissement personnel ainsi qu'une vraie décence dans les rapports entre acteurs.








