Séjour Maramures - juillet 2011
Written by: Estelle Cantala

Sept randonneurs sur les chemins du Maramures, plein coeur de l'été. La chaleur nous suit. La fraîcheur nous retrouve chaque soir, chez nos hôtes. De temps en temps, sur le chemin, nous trouvons une belle pastèque pour nous désaltérer gaiement.
Dans les collines, le long de la crête ventée des Monts Gutâi, vers l'altitude des Monts Rodnei, nous sommes partis à pied d'Ouest en Est dans les Carpathes orientales. C'est la saison des foins, les faux alourdissent le bras de bien des hommes et des femmes, au champ. Gerbes couchées au sol. Nous traversons un village après de longues heures de marche dans les prairies et marais d'altitude. Au bout du chemin empierré, un cheval seul arrêté semble perdu, crinière au vent. Son maître n'est pas loin. Les carrioles circulent, chargées, on rentre la récolte. La fin du jour est là.
Nous venons de faire connaissance avec la famille qui nous accueille, en levant un petit verre de tuica : „Sanatate“. Ce soir, notre table se garnit à vue d'oeil de sarmale, minces rouleaux de feuilles de chou farcies, qui font suite à une soupe de mille morceaux de légumes de toutes les couleurs. Après le gâteau fourré, voici venu le temps du „Guguloi“. Notre groupe s'est pris de passion pour ce jeu de dés qui circule parmi les montagnards du Maramures. Gheorghe a eu la générosité de nous l'apprendre, en même temps que les mimiques, expressions et feintes les plus courantes.
Dans ce village, l'église en bois fait partie de celles qui sont classées au patrimoine de l'UNESCO. Nous pouvons admirer les restes de ses vieilles peintures murales, commentées par une jeune villageoise. Avant de filer la laine sous le regard de la grand-mère, une scène qui la fait bien rire. Dans un village voisin, nous découvrons les rites et usages du Maramures, quelques anecdotes colorées, à l'intérieur d'une maison de bois décorée et aménagée avec les objets traditionnels.
Un peu plus loin, la nuit venue, trois musiciens nous font danser le „joc“ avec quelques jeunes villageois, sur la terrasse de leur petit bar. Leur violon, leur zongora et les percussions entraînent cris et mélodies de leur belle voix, nostalgique ou malicieuse. Partout, le jour ou la nuit, les histoires du Maramures nous accompagnent. Martin le foin, le Haïduk Pintea, le chasseur et le loup, le sac de farine de Valeni...
Bientôt, nous quittons les zones habitées pour les sentiers montagnards. Passer la nuit sous un ciel noir étoilé, en pleine forêt, prendre de la hauteur parmi les fleurs rares. Le Mont Pietrosul restera un mystère, recouvert de nuages épais. Au coeur des Monts Rodnei, la fabuleuse cascade aux chevaux clôture le parcours en beauté, à l'extrémité orientale de notre échappée.









